Je suis le vent, l’eau, la montagne et les profondeurs qui t’habitent, 2026

Dans la mythologie grecque, Styx est à la fois une Océanide, gardienne des serments des dieux, et la personnification du fleuve qui porte son nom. Aux confins de l’Hadès, le Styx marquait pour les anciens une frontière sacrée entre le monde des vivants et celui des morts. Ses eaux, à la fois craintes et vénérées, portaient des pouvoirs contradictoires : protéger ou détruire, rendre invulnérable ou dissoudre. Sa source était parfois imaginée dans une contrée rocheuse inaccessible, où une eau glacée tombait d’une haute falaise. Une tradition tardive l’imagine même comme un immense serpent enroulé autour du royaume des morts — une eau vivante qui enlace, garde et retient. Lieu de passage, le Styx ouvre sur un monde d’où l’on ne revient pas.

 

Cette installation réinvestit l’imaginaire de ce lieu antique et les questions qu’il transporte jusqu’à nous. Que deviennent aujourd’hui, dans un contexte marqué par des logiques de rendement et d’exploitation, les lieux symboliques à travers lesquels penser la mort — et, par renversement, la vie?

Précédent
Précédent

Miroirs, métamorphose et temps inversé

Suivant
Suivant

Onirographie